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ANDRE ROMAND

Expositions


27/10/2018 - 15h00


Salles Raymond Moretti de la Maison du Boulanger


André Romand, peintre
et le Musée de l’Histoire 
Du 27 octobre au 25 novembre 
du mardi au dimanche de 15h à 19h, sauf jours fériés.
dans les salles Raymond Moretti de LA MAISON DU BOULANGER
 

André Romand nait le 23 Avril 1889 à Troyes. Ses parents sont tous deux des commerçants. Durant sa jeunesse, il fréquente l’école municipale des Beaux-Arts. Très vite, contre l’avis parental, il part à Paris étudier les cours des Arts décoratifs puis, trois ans plus tard, ceux de l’école nationale des Beaux-Arts. A 18 ans, il est reçu aux Artistes Français. Le jeune artiste fait alors ses premiers pas dans les salons de la Société Artistique de l'Aube, travaillant déjà l'aquarelle et la peinture à l'huile.

Appartenant à la classe 1909, les trois années de son service militaire débouchent presque immédiatement sur les quatre années de guerre. Dès 1914, André Romand est mobilisé. Palette en main, il dessine, « croque » tout ce que la guerre lui montre. Des tranchées aux paysages solitaires, en passant par les loisirs des soldats, environ deux cents aquarelles et quelques croquis sont ramenés de ces quatre terribles années. Romand peint aussi l’autre à travers des caricatures et des portraits. Dans ses interrogations le peintre a surtout dessiné les visages des bataillons coloniaux.
L’artiste n’épargne rien de la guerre, des cadavres aux blessés dans les hôpitaux dont il a fait parti plusieurs fois, André Romand expose un témoignage fort et vrai de ce qu’il voit, ce qu’il ressent. Ce témoignage « à vif » est déjà remarqué à cette période. Il y eut tout d'abord  en avril 1916 une exposition troyenne d'artistes mobilisés où six de ses aquarelles de guerre sont montrées.
Une exposition plus importante nait en juillet 1916 à l'initiative du Bulletin des Armées de la République à laquelle André Romand participera sur la base d'un volontariat. Ilcréera une affiche pour cet événement, bien que celle-ci ne soit pas retenue officiellement. 

La guerre finie, médaille militaire et croix de guerre 14-18 le soldat rentre chez lui. De nombreux courriers témoigneront son désir de vendre les aquarelles qu’il a faites durant la guerre, il en vendra quelque unes à des amicales d’anciens soldats, fera dès 1919 des expositions pour promouvoir son œuvre, mais la quantité de dessins, d’aquarelles et autres témoignages de la guerre est tellement importants en ces années là qu’il aura du mal à vendre ses aquarelles. La ville de Paris, le ministère de la guerre et la ville de Troyes lui en achèteront quelques unes. En 1921, après son mariage, le peintre s’installe à Rosnay L’Hôpital, petit village de l’Aube. Un repos bien mérité après ses dures années, arrive enfin. Romand aime tout particulièrement la vie rurale, elle l’apaise et l’inspire.

Il ne peint pratiquement jamais sur toile. "Il préfère le bois, « la toile cède » dit-il, il me faut quelque chose de dur, un matériel qui résiste. Et vraiment il en a besoin parce qu’il ne travaille pas seulement avec la brosse, il se sert des doigts, des ongles, d’un couteau, d’un bout de bois ou d’un instrument quelconque qui lui tombe entre les mains. " (Express de l’Aube 1942)

La période d’après-guerre est fructueuse pour l’artiste qui va enchaîner les expositions. Il expose à Troyes mais aussi à Dijon en 1948 et à Sens en 1949. De nombreux journaux relatent les faits. La reconnaissance arrive vraiment en 1954, Des industriels Troyens font alors appel à lui, pour fixer les scènes typiques de notre grande activité : ateliers de bonneterie, métiers, salles de bobinage, de couture, de confection, de teinture…

En 1963, le musée de la Grande Guerre de Vincennes acquiert cinq aquarelles de l’artiste. Information très relayée dans la presse locale qui se glorifie d’avoir un troyen tel que lui .André Romand continue par la suite d’exposer, à Troyes principalement. Il passe une retraite agréable, ne cessant jamais de peindre et s’essayant même à la sculpture.

Il décède en 1982 dans la ville qui l’a vue naître et sera inhumé au cimetière de Rosnay l’hôpital dans le caveau familial

Deux expositions depuis sa mort, la première en 1985 aux Arcades à Troyes, une évocation de son œuvre et plus récemment toujours aux Arcades un accrochage de toutes les aquarelles de guerre 14-18 retrouvées dans la maison familiale de Rosnay l’hôpital.

La ville de Troyes donne son nom à une rue nouvelle, en 2009.